Si on simplifie, il y a trois étapes pour la création d'un film. La pré-production, le tournage, et enfin le montage dans lequel Bastien et Peter sont plongés depuis la fin quasi-totale du tournage, fin aout 2007. Oui, il manque des bouts de la scène finale (les plus durs), mais qui seront réalisé lorsqu'il n'y aura plus rien à monter. Grâce au logiciel Adobe Première, la qualité du film sera considérablement améliorée. Entrez donc dans les coulisses du montage de Death always wins !
Lorsque Bastien invite Peter pour la première journée de montage, la première question posée est : quelle scène va t-on monter ? Autant bien commencer, les deux producteurs choisissent une des meilleures scène, qui en plus est totalement filmée (car à l'époque, il manquait encore plein de plan de racords dans certaines scènes) : la scène du combat, violente et rapide, comme on les aime. Pour simplifier, voilà comment ça se passe : à chaque fois, on choisit le meilleur coup de poing (par exemple), qui a été filmé sous plusieurs plans (pas étonnant que le tournage fut si long !), et on l'insère dans le montage. Il faut couper à la milliseconde près, pour que tout concorde. Puis on reccomence avec la scène suivante, et ainsi de suite... Comme ça, ça a l'air facile, ça l'est d'ailleurs, mais quand les deux producteurs ne sont pas d'accord sur quelle scène utiliser, un dialogue de sourd peut durer 10 minutes. Mais généralement, ils s'entendent assez bien et ont une conception du montage assez proche.
Ainsi, on réalise en moyenne une minute de vidéo par journée. Une minute de vidéo, oui, mais sans le son. Et comme Peter ne peut pas squatter tous les jours chez Bastien, c'est ce dernier qui s'y colle (car le son est quand même moins important et peut être facilement modifié). Eh bien justement, Bastien va vite se rendre compte que faire le montage sonore est aussi dur que faire celui de la vidéo, et même plus, d'ailleurs cela prend au moins autant de temps, et même plus.
D'abord il y a la musique. Notons que la musique choisie pour le film devait entièrement être de David Arnold, plus particulièrement Casino Royale et Meurs un autre jour. Mais les producteurs n'ont pas pu résister à l'envie de mettre la fabuleuse musique du gunbarrel de Permis de tuer, qui annonce si bien le premier épisode de la série. Michael Kamen sera donc aussi de la partie. La musique, donc. Quand on a de la chance, elle colle parfaitement avec la scène et c'est la joie. Le plus souvent, avec quelques petits réglages, tout va pour le mieux. Le plus dur est pour les transitions de musique. Il est très difficile de cacher un "trou" dans la partition ou de changer carrément de piste audio. On peut masquer ce changement avec un bruitage assez fort, mais parfois on ne s'en rend même pas compte.
Et puis ensuite, le gros morceau : les bruitages. D'autant plus que pour une scène de combat, vous pouvez vous douter qu'il y en a des bruitages ! D'abord il y a les coups. Puis, les pas sur le gravier. Puis les chocs contre la voiture. Puis les cris des personnage quand ils se font bobo. Il faut mixer, doser tout ça pour obtenir quelque chose de convaincant, et Dieu sait ou ne sait sûrement pas que c'est difficile ! Certains bruitages du net semblant sortir de cartoons, il faut parfois les recréer soit même. Déjà, essayez de mimez un gars qui a reçu un coup de feu dans la jambe sans qu'on vous prenne pour un fou allié. Et ensuite, essayez que ce soit convaincant. Eh bien ce n'est pas toujours facile.
Voilà comment, à force de ce mécanisme, on obtient des minutes, puis on rassemble les scènes pour obtenir un court-métrage... Si les monteurs avaient travaillé à fond dessus, il auraient fini depuis belle lurette ! Mais ils sont un peu faignants et font cela a petite dose. Il vaut mieux la qualité à la quantité ! A ce jour, début octobre, 5 minutes de scènes, la moitié du court-métrage ont été montés, dont le dialogue et l'apparition des agents du MI6.
Le dialogue justement : il a été entièrement doublé. Oui, les deux acteurs / monteurs ont du répéter des dizaines de fois les mêmes phrase devant un micro, et il y a de quoi devenir fou. Car en effet, le son capté par la caméra est loin d'être satisfaisant, d'autant plus que les "cui-cui" des oiseaux ne participent pas franchement à l'ambiance du film.
Que dire d'autre? Il y aura un minimum d'effet spéciaux. Si les producteurs avaient pu s'en passer, il l'aurait fait volontiers. Mais scénario oblige, une explosion doit avoir lieu et cela pose un "petit" problème. Bref, aucune solution n'a encore été trouvée, même si l'on sait qu'Adobe Première peut le permettre. Pour l'instant l'important est de finir le montage vidéo.
Et bien sûr, il y a la séquence sans laquelle James Bond ne serait pas James Bond : le fameux Gunbarrel ! Lui, il a intêret à être réussi, car il ouvre le film. Mais là aussi, petit problème : pourquoi ce cher Pierce Brosnan ne veut-il pas s'en aller et laisser gentiment la place à Bastien? Eh bien non, il reste planté au milieu du rond, et rien à faire. Mais ! pas de panique, le roi de l'informatique (qu'il est modeste) trouve toujours une solution !
Et puis il y a le briefing, juste avant le Gunbarrel. Il n'a pas encore été fait, mais il ne devrait pas y avoir de problème...
Ah, dernière chose. Des bandes noires plus épaisses ont été ajoutés, et l'image aplatie. Cela fait considérablement plus sérieux, moins amateur. Enfin, l'image subira un petit traitement pour donner une ambiance au film, car il faut le dire, elle est assez moche.
Maintenant que vous connaissez tous nos secrets, il ne vous reste plus qu'a patienter jusqu'a la date fatidique !
Ci dessous : et voilà ce que ça donne !